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Transports
 

Les enjeux de la mobilité durable

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Laurent Mignaux - MTES-MCT

La mobilité est une condition nécessaire à l’exercice de tous nos droits fondamentaux (droits au travail, au logement, à l’éducation, à la santé). Si l’évolution vers une mobilité durable est inéluctable, il apparaît aujourd’hui que la société ne peut pas bénéficier de ce droit durablement sans y mettre des limites, que ce soit pour des raisons sociales, économiques ou environnementales.

La mobilité, pour qu’elle soit durable, doit prendre en compte de multiples enjeux : des enjeux climatiques, de qualité de l’air, de santé, des enjeux énergétiques ou encore d’attractivité du territoire. Ce sont certainement les enjeux sociaux qui sont les plus importants au regard de la dynamique économique et démographique des espaces urbains et ruraux. En termes d’accès à l’emploi et aux services, les distances et les temps de parcours, le mode de transport utilisés pour les trajets domicile- travail augmentent la précarisation de certaines populations.

En milieu urbain, où la population est concentrée, il est plus facile de faire évoluer les organisations en place. C’est par exemple le cas de l’organisation du stationnement et de la circulation, de l’interconnexion entre urbanisme et transport, des modes de communication et de sensibilisation du public, de l’organisation de l’offre de transport par l’aménagement des gares et des pôles d’échanges et de services, par le développement et l’amélioration des réseaux de transport en commun et doux.

En milieu rural, territoire à faible densité, l’organisation des mobilités est différente et doit tenir compte de l’éloignement des services, de la faible desserte en transports collectifs, de la dépendance à l’automobile. Les habitudes de transports et de déplacements sont bien ancrées. La population de ces territoires est la plus motorisée. L’utilisation de la voiture individuelle y est prépondérante.

Le principe du droit au transport et les conditions dans lesquelles il s’exerce est rappelé dans le Code des transports.

Article L.111-1 du Code des transports

Le système des transports doit satisfaire les besoins des usagers et rendre effectifs le droit qu’a toute personne, y compris celle dont la mobilité est réduite ou souffrant d’un handicap, de se déplacer et la liberté d’en choisir les moyens ainsi que la faculté qui lui est reconnue d’exécuter elle-même le transport de ses biens ou de le confier à l’organisme ou à l’entreprise de son choix. La mise en œuvre de cet objectif s’effectue dans les conditions économiques, sociales et environnementales les plus avantageuses pour la collectivité et dans le respect des objectifs de limitation ou de réduction des risques, accidents, nuisances, notamment sonores, émissions de polluants et de gaz à effet de serre.

Pour que la mobilité soit durable, elle doit prendre en compte à la fois :

  • les enjeux sociaux

La multiplication des échanges implique des modes de vie mobiles. L’emploi est fortement lié à la mobilité et au territoire accessible. Dans une société qui valorise la vitesse, la mobilité devient discriminatoire. La possession d’un degré de mobilité supérieur à la moyenne est alors un avantage et le contraire, un handicap qui peut conduire à l’exclusion sur le marché du travail. La fracture sociale entre mobiles et immobiles grandit et se reflète dans les modes d’aménagement du territoire. Les pouvoirs publics, s’ils veulent réduire cette fracture, auront pour mission de garantir aux plus précaires, aux plus isolés, aux non motorisés, la possibilité d’une « accélération » tout en incitant les plus mobiles à lever le pied. Entre exigences économiques, sociales et environnementales, un arbitrage est à trouver.

  • les enjeux économiques

Si en moyenne les ménages dépensent 5 000 € par an pour leur mobilité, un cinquième d’entre eux consacre plus de 18% de leurs revenus à leur mobilité quotidienne. Ceci les met en situation de précarité énergétique. Cela pourrait s’aggraver car beaucoup d’autres ménages sont vulnérables à une hausse des coûts de la mobilité (jeunes, seniors, personnes à mobilité réduite,…) ou à d’autres aléas de la vie (licenciement, accident, handicap physique,…). Les ménages ruraux et périurbains sont les plus concernés. Le poids de la mobilité quotidienne dans le budget des ruraux les plus pauvres est quatre fois supérieur à celui des urbains les plus riches. 40 % des ménages identifiés en situation de vulnérabilité énergétique du fait de leur mobilité vivraient aujourd’hui dans les espaces ruraux.

  • les enjeux environnementaux

La mobilité de personnes est à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre et de polluants locaux qui dégradent la qualité de l’air, des eaux et des sols. Les transports représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre. C’est le secteur le plus impactant, devant l’agriculture et le résidentiel-tertiaire. La voiture est responsable de plus de 90 % des émissions issues de la mobilité locale, loin devant les autobus et le train. Les émissions de gaz à effet de serre des espaces à dominante rurale sont supérieures à la moyenne nationale, et proviennent surtout de la mobilité locale. De plus, les infrastructures de transport construites sur des zones agricoles ou naturelles fragmentent les écosystèmes et fragilisent la biodiversité. Au vu de tous ces impacts les nouvelles offres de mobilité seront à évaluer.