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Risques
 

Les silos

 
 

Les silos en région Centre-Val de Loire

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publié le 21 juin 2013 (modifié le 24 septembre 2015)

Première région céréalière d’Europe, la région Centre-Val de Loire compte 105 silos de stockage de céréales soumis à autorisation ou enregistrement (capacité de stockage supérieure à 15 000 m3) au titre de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (voir la carte des silos en région Centre-Val de Loire).

63 sont classés comme "silos à enjeux très importants" (SETI). Ces silos sont classés SETI compte tenu de leurs caractéristiques techniques et de leur environnement tel que défini à l’article 6 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004 modifié par l’arrêté ministériel du 23 février 2007. Pour ces 63 silos, la modification réglementaire a introduit de nouvelles dispositions et, notamment, la mise en place de mesures de sécurité nécessaires pour prévenir les risques d’incendie et d’explosion. En effet, un accident potentiel dans un de ces établissements serait susceptible d’engendrer des effets en dehors de ces limites de propriété et impacter les riverains et l’environnement. Aussi, l’inspection des installations classées a mené prioritairement des contrôles dans ces SETI.

La DREAL poursuit ces actions d’inspections sur site afin de s’assurer de l’application de cette réglementation et de la démonstration de la résistance suffisante des dispositifs de découplage mis en place. A défaut, des sanctions administratives peuvent être engagées.

L’action de l’inspection des installations classées de la région Centre-Val de Loire en 2014 a permis :

- la réalisation de 36 visites d’inspection (dont 21 SETI),
- la signature de 6 arrêtés préfectoraux complémentaires,
- la signature de 8 arrêtés préfectoraux de mise en demeure suite à des non conformités constatées lors de visites d’inspection.

Répartition des silos de stockage de céréales de plus de 15 000 m3 par département en région Centre-Val de Loire

voir Carte des silos en région Centre-Val de Loire (format pdf - 50.8 ko - 18/09/2015)
voir liste (format pdf - 38 ko - 18/09/2015)

La manutention et le stockage des céréales ou d’autres produits organiques dégageant des poussières inflammables peuvent présenter des dangers comme l’explosion d’un nuage de poussière et l’incendie.

De 1997 (catastrophe de Blaye - 11 morts) à fin 2005 et bien que le ministère chargé de l’environnement ait renforcé la réglementation (arrêté ministériel du 29 juillet 1998 puis arrêté du 29 mars 2004), 95 accidents de silos ont été recensés dont 86 % entraînant un incendie et 7 % provoquant une explosion. Ces accidents sont dus pour la plupart à des problèmes de manutention des céréales stockées ou à des opérations de maintenance (meulage, soudure). De plus, au moins 7 accidents, au niveau national, témoignent aussi des risques d’épandage de grains à la suite d’effondrement ou de rupture de cellules (hors explosion) ; un accident de ce type a eu lieu, courant 2008, dans le Loiret sans conséquence humaine.

Les silos de stockage peuvent engendrer trois principaux types de dangers : le phénomène d’auto-échauffement, l’incendie et l’explosion.

Ces deux derniers, considérés comme majeurs, sont très souvent sous-estimés.

En effet, la raison principale est que la nature du produit stocké (céréales à paille ou à tige, oléo-protéagineux, sucre, bois, farine, poussières, etc.) semble moins dangereuse aux riverains et même à certains exploitants que les substances chimiques utilisées dans d’autres secteurs industriels.

L’auto-échauffement est causé par la fermentation aérobie ou anaérobie des grains, ou lorsque les conditions de stockage présentent des températures trop élevées.

Si cet auto-échauffement est non maîtrisé, il peut conduire à un incendie. Ce type de phénomène survient de façon générale dès que les trois facteurs suivants sont réunis :

  • une source d’inflammation : c’est-à-dire une source de chaleur qui peut être de nature biologique (dans le cas présent l’auto-échauffement), thermique (si une surface chaude existe, suite à des travaux de soudure par exemple), électrique (arcs, étincelles…), mécanique ou électrostatique ;
  • une matière combustible : ici les céréales, ou les poussières stockées ;
  • un comburant : l’air présent dans les cellules ou dans les locaux de l’installation.

Les accidents les plus dramatiques ont souvent été causés par des explosions, qui surviennent lorsque les poussières en suspension ou des gaz inflammables (produits par les phénomènes d’auto-échauffement) sont enflammés par une source d’énergie suffisante.

Enfin, il n’est pas rare que soient présents dans les scénarii d’accidents, les trois évènements précédents (auto-échauffement, incendie et explosion), combinés. De plus, il existe aussi un risque de ruine (effondrement) de la structure si celle-ci n’est pas entretenue correctement.